17/09/2010

(suite)

 

23-27/11/1946

Vietnam

Benot Yves, Massacres coloniaux, 1944-1950 : la IVe République et la mise au pas des colonies françaises, La Découverte, 2001

 

Vietnam : massacre de Haiphong (6000 morts)

(p.101) Debès, ainsi couvert, passe à l'action le matin du 23 novembre; à 9 h, il lance un ultimatum de trois quarts d'heure, puis l'attaque terrestre qui rencontre de la résistance. Aussitôt, il fait appel à la marine qui ouvre le feu avec les canons de trois vaisseaux de guerre. Sur quoi ? En fait, sur une foule de civils qui fuient la zone des combats, et que les officiers de marine, de loin, ont peut-être pris pour des fantassins à l'assaut (selon Paul Mus). Les obus démolissent des quartiers entiers, et tuent par milliers. Paul Mus révélera dans un article de Témoignage chrétien du 10 février 1950 que l'amiral Battet avait mené une enquête huit jours après, et en avait conclu que le bombardement avait fait 6 000 morts, estimation à laquelle on s'est généralement tenu.

 

(p.107) Le commissaire de la marine Jacques Raphaël-Leygues ne publiera qu'en 1976 cette note datée du 31 mars 1946: « Un de mes camarades, officier de marine, a assisté cet après-midi sur une jonque armée par la marine nationale, à la torture et à l'assassinat d'un jeune Vietnamien, par un second-maître, qui voulait seulement montrer : "Les Nhac [paysan, autrement dit vietnamien, Y.B.], on n'en a pas peur..." Ce Vietnamien a été torturé devant dix matelots et l'officier pendant une heure, puis le second-maître lui a coupé la tête d'un coup de sabre. L'officier n'a rien dit.  (…) »

1947-1948

Madagascar

Massacre de 89.000 Malgaches

 

"A Madagascar, 89000 personnes furent massacrées dans des conditions qui rappelaient parfois les crimes du nazisme.  Un magistrat envoyé de la métropole dans la Grande Ile eut le courage de l' écrire; il fut chassé de la colonie et le souvenir de la fusillade qui frappa notamment des mutilés de guerre se perdit.  Se perdit aussi la mémoire des enfants de quatre ans abattus dans la rue, celui des opposants entassés dans des wagons à bestiaux - quel convoi, n' est-ce pas - et mitraillés jusqu' au dernier, des exécutions de condamnés, dont cellezs des trois députés malgaches à l' Assemblée nationale, l' un deux étant à Paris au moment des faits."

30/03/1947

Madagascar

Massacre de Moramanga : 2000 morts ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

21:20 Écrit par justitia&veritas | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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