17/09/2010

(suite)

1998-1999

Congo-Brazzaville

 

 

 Verschave François-Xavier, Noir silence / Qui arrêtera la Françafrique ?, éd. Les Arènes, 2000

(p.10) (…) le redoublement en 1998-1999 des pratiques les plus honteuses de la Françafrique, camouflées par un discours de « non-ingérence » (au Congo-Brazzaville, en Guinée-Bissau, au Sierra Leone, au Tchad, à Djibouti, en Guinée, au Gabon, etc.), ne pouvait être laissé dans 1'ombre. Rien que l'engagement français à Brazzaville - auprès d'un dictateur qui, tel Milosevic ou les généraux indonésiens, pousse ses soudards et miliciens aux crimes contre l'humanité -  nécessitait un vif éclairage. Il fallait débusquer un mélange insupportable de non-information et de désinformation. La Françafrique, ce n' est pas, comme d' aucuns veulent le faire croire, de l'histoire ancienne : ses agressions continuent, son oppression se renouvelle.

 

CONGO-BRAZZAVILLE

NETTOYER LES QUARTIERS SUD

 

(p.17) Ce 18 décembre 1998, les coups de feu sont de plus en plus proches et répétitifs. (…) 11 heures 30 minutes, les fameux Ninjas ont envahi sans problème tout Bacongo.

(p.18) C' est à partir du dimanche 20 décembre que commencent

les exécutions sommaires. "

Dès lors, c'est l'horreur - [...] Un ratissage systématique avait été officiellement ordonné et annoncé par les autorités gouvernementales. [...] L'opération s'est révélée être un massacre à grande

échelle, délibéré et méthodique des civils non armés de ces

quartiers soupçonnés de sympathie à l'égard des Ninjas. [...]

 

(p.19)  Le bilan des massacres de décembre 1998 à Brazzaville est contro versé. Très informée sur le Congo-Brazza, la Cimade parle de

 25 000 morts. L' opposition, qui a avancé des chiffres plus élevés,

signale qu'une pelle mécanique a été utilisée sans arrêt pendant près

 de sept semaines pour enfouir les cadavres et que, jusqu' au 31 janvier

 1999, les quartiers de Bacongo et Makélékélé ont été interdits à la

 Croix-Rouge internationale . Arrivés en France, des réfugiés décla-

 rent avoir vu des camions chargés de cadavres circuler par la rue

 Trois-Francs, à Brazzaville, pour aller les jeter dans un bras du fleuve Congo.

 

 

20:43 Écrit par justitia&veritas | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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